FAMILLES,

La photographie de famille est pour moi une sorte de norme, de point de repère, voire de tradition lors de réunions ou de fêtes familiales, qui fixe sur une image l’apparence que nous prenons au moment de la photographie, pour finalement refaire la même photographie 3 mois après, afin que nous puissions comparer notre teint qui a halé, nos cheveux qui ont poussé, notre tante qui a vieillit et accumuler ces épreuves du temps.

Dans l’imaginaire collectif, il en va d’une sorte de normalité, où tout le monde est net, ne bouge pas, fixe l’appareil photo avec un sourire plus ou moins présent. Il s’opère de manière assez inconsciente un placement hiérarchique de la famille face à l’objectif : l’enfant est le plus souvent encadré, épaulé, protégé.

Lors de mes premières approches avec des enfants autistes, on m’a souvent fait remarquer que «l’autisme se voit rarement physiquement», mais devient visible surtout au niveau du comportement.

Adapter ma photographie à ces enfants qui sont parfois hypéractifs, maladivement timides, butés et têtus, ou craintifs, à étudier comment ils se comportent face à la caméra entourés de leurs parents, m’a parut primordial, car la photographie est le moment T qui décontextualise d’une certaine manière le avant et le après pour ne laisser place qu’au maintenant. 

J’ai donc réglé mes appareils en fonction d’eux, pour que soit fixé sur la pellicule une toute petite partie d’eux-même, de comment ils sont, de comment ils réagissent, de comment ils se comportent.

Et finalement ils apparaissent sur l’image simplement comme ils sont, sérieux, joueurs, dynamiques, mal à l’aise, heureux d’être avec leurs parents.

Exposition à la Maison des Métallos, Paris 11eme, du 9 au 26avril 2015
http://www.maisondesmetallos.org/2015/03/04/autismes-regards



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